Présidentielle 2022: Zemmour grimpe à 13% des intentions de vote

ZEMMOUR 13%

L’ascension fulgurante d’Eric Zemmour, en progression de deux points dans un sondage Harris Interactive, fait s’effondrer Marine Le Pen qui chute à 16% des intentions de vote.

Irrésistible, inédite, irrationnelle, l’ascension fulgurante d’Eric Zemmour dans les sondages bouleverse la campagne présidentielle et rebat les cartes d’un scrutin plus indécis que jamais. Dans notre enquête Harris Interactive, le polémiste – qui n’a toujours pas fait acte de candidature – grimpe à 13% des intentions de vote au premier tour de l’élection, à trois points seulement de la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, qui s’effondre à 16%.

En quelques semaines d’une campagne qui ne dit pas son nom, l’éditorialiste est parvenu à fracturer la droite, dont il prend 25% des électeurs de 2017, à asphyxier Marine Le Pen, qui a perdu 12 points depuis l’été, et à éteindre les petits candidats souverainistes comme Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot ou François Asselineau, relégués sous les 2%.

« Il y a une dynamique indéniable en faveur d’Eric Zemmour, qui a vu ses intentions de vote doubler en un mois », indique le directeur général délégué d’Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy.

Bénéficiant d’une exposition médiatique sans commune mesure depuis qu’il a esquissé le désir de se présenter à la présidentielle, Eric Zemmour se trouve en outre porté par son débat, le 23 septembre, avec le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur BFMTV. 

Avec 4 millions de téléspectateurs, « près d’1 Français sur 10 en âge de voter » ont suivi les échanges entre deux hommes, précise JeanDaniel Lévy, pour qui « il y a clairement eu un effet débat ». Mais l’aspect le plus spectaculaire de l’hypothèse Zemmour, c’est bien l’abaissement du seuil de qualification au second tour de l’élection : en cas de candidature de l’éditorialiste, ils seraient quatre – Marine Le Pen (16%), Xavier Bertrand (14%), Eric Zemmour (13%) et Jean-Luc Mélenchon (13%) – dans un mouchoir de poche, moins de 3% des voix, à pouvoir prétendre affronter Emmanuel Macron au second tour. C’est toute l’architecture présidentielle de 2017 qui est ainsi remise en cause par la présence du polémiste au premier tour du scrutin.

L’entourage du presque candidat ne boude pas son plaisir et s’attend à voir la dynamique s’amplifier ces prochaines semaines. « A mesure qu’il est invité dans les médias et que les Français prennent connaissance de ses idées, ils s’aperçoivent qu’il est une alternative supérieure aux candidats traditionnels de la droite », s’enorgueillit un conseiller de son premier cercle, qui voit dans les sondages la validation de sa stratégie d’union des droites : « Il continue de solidifier son socle de départ, le peuple de droite, parisien, CSP+, et commence à percer dans le bloc populaire dont on disait pourtant qu’il était impénétrable, la chasse gardée de Marine Le Pen. Il est en train de déscléroser la vie politique française. » Hors de question, toutefois, de précipiter son annonce de candidature. Invité de LCI, lundi 28 septembre, l’éditorialiste a dit qu’il voulait continuer d’étudier la situation politique : « On est encore loin de la présidentielle… »

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