L’hypothèse Eric Zemmour, candidat à la présidentielle

C’est un homme talentueux, incisif, cultivé, qui a de la répartie. Il a beaucoup de qualités mais est-ce que c’est suffisant pour être un candidat à une élection ? Il n’a pas répondu à cette question », affirme le maire de Béziers Robert Ménard, proche du RN mais très critique à l’égard de sa présidente Marine Le Pen.

Une élection présidentielle, ce sont aussi « des moyens financiers, des signatures » de parrainage de 500 élus et « c’est très compliqué à trouver », relève l’édile. Éric Zemmour a « plus envie qu’avant » d’être candidat, selon Robert Ménard. Il pourrait « attirer à lui des gens que Marine Le Pen n’est pas capable d’attirer », fait valoir ce fervent partisan d’une « union des droites » entre l’extrême droite et une partie de la droite classique, qui considère que Mme Le Pen ne peut pas gagner sans alliances.

Après avoir décliné des offres de candidatures aux européennes du RN et de Debout la France, le chroniqueur de 62 ans avait pris la lumière à une réunion organisée en septembre 2019 par les proches de Marion Maréchal.

Le maire d’Orange, Jacques Bompard, a initié des comités de soutien et un site de pétition jesignepourzemmour.fr. Il soutient qu’il faut « un trouble-fête » dans le duel annoncé Le Pen-Macron. Paul-Marie Couteaux, ancien porte-parole de la campagne de Marine Le Pen en 2012, affirme qu’Éric Zemmour, avec qui il déjeune chaque mois, « songe » à se présenter « dans tous les sens du terme ».

Bolloré intéressé

Des soutiens avancent que des énarques le conseillent et qu’un directeur de campagne avait déjà été désigné avec Philippe Martel, ancien chef de cabinet de Marine Le Pen, décédé cet automne. Un autre glisse même que le patron de presse Vincent Bolloré, propriétaire de CNews, s’intéresse au financement de sa campagne. Mais des hésitations se font jour depuis que des sondages donnent Marine Le Pen au coude à coude face avec le président Emmanuel Macron. Malgré leurs désaccords, Robert Ménard assure qu’il voterait dans ce cas « sans hésiter » pour la cheffe du RN et ne veut pas qu’une candidature Zemmour porte de « mauvais coup » à son camp. « Si Marine Le Pen a beaucoup de chances pour 2022, les ardeurs en faveur d’Éric Zemmour pourraient se rafraîchir », abonde Paul-Marie Couteaux. Mais si les sondages plafonnent à 40 %, Éric Zemmour « a des chances de se présenter ».

De quoi contrarier le candidat à l’Élysée Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 7 % des intentions de vote et « ami de trente ans » d’Éric Zemmour, qu’il a rencontré début février. Marine Le Pen pour sa part « ne croit guère » à cette candidature, a-t-elle dit mardi.

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