Un amendement anti Zemmour ?

Dans le cadre du débat portant sur le projet de loi contre le séparatisme, l’ex député macroniste M’jid El Guerrab mis en examen pour “violences volontaires avec arme” [ndlr : pour avoir frappé à coups de casque de moto Boris Faure, dont le pronostic vital avait été engagé] a proposé un amendement qui visait Eric Zemmour sans le nommer.

L’intervention de M’jid El Guerrab a suscité une vague de réactions sur les bancs de l’Assemblée nationale. « Par cet amendement, le groupe Agir Ensemble souhaite permettre aux juges de prononcer à titre de peine complémentaire une obligation de diffusion de la condamnation de la personne ayant été condamnée pour des faits de provocation », explique le député banni de LREM et récupéré par le groupe Agir ensemble.

Le garde des sceaux dégoulinant de suffisance y est également allé de son couplet en déclarant avec ironie : “J’ai eu beau chercher qui vous pouviez bien viser au travers de cet amendement, franchement je n’ai pas trouvé, monsieur le député !”

Des députés d’ extrême gauche se sont emparés du sujet, d’abord Boris Vallaud puis Éric Coquerel pour soutenir l’amendement. Après plusieurs interventions, c’est le député de Seine-Maritime Sébastien Jumel qui a pris la parole au nom des communistes : “Tout cela est légitime, le fait que nous ne tolérions pas ces délits, encore moins quand celui qui s’y livre a quotidiennement feu vert sur les ondes pour le faire. Et donc moi, je souscris à l’amendement Zemmour”, a-t-il finalement lâché, déclenchant des réactions agitées dans l’hémicycle.

A droite, le député Guillaume Larrivé a protesté : “Je regrette que certains d’entre nous aient dit qu’ils avaient l’intention de voter cet amendement en pensant à une personne en particulier”, estimant que cette modification spécifique du texte de loi visait à “museler” Eric Zemmour. Plus tard, c’est Éric Ciotti qui s’est indigné en estimant que les “convictions” d’Eric Zemmour “méritent d’être défendues”.

Certains intervenants de l’Assemblée Nationale ne se sont pas privés de rappeler que la loi n’avait pas vocation a encadrer des attaques ad hominem, l’amendement a été finalement largement rejeté.