À Lille, Eric Zemmour fait le plein et déchaîne les passions

Zemmour Lille

Eric Zemmour a rassemblé près de 1 500 personnes au Grand Palais de Lille pour une conférence aux allures de meeting électoral pour la présidentielle de 2022.

Il y avait foule, ce samedi 2 octobre, aux abords du Grand Palais de Lille. Des centaines de personnes ont bravé le crachin nordiste pour venir écouter et rencontrer un seul homme : Éric Zemmour, figure médiatique que l’on dit tentée par l’élection présidentielle de 2022.

Une conférence pour son dernier livre

Le polémiste et écrivain faisait étape dans la capitale des Flandres pour y tenir une conférence censée faire la promotion de son dernier ouvrage, La France n’a pas dit son dernier mot. En réalité, l’ambiance s’apparentait surtout à celle d’un meeting électoral, en témoignaient les « Zemmour président » lancés depuis les gradins et l’inscription « Zemmour 2022 » sur les T-shirts des jeunes militants présents.

Draguer l’électorat de droite

L’ancien chroniqueur de CNews a été accueilli comme une rock star par les 1 500 personnes présentes au Grand Palais. Bravant la foule, serrant des mains, embrassant quelques connaissances, Éric Zemmour est arrivé sur scène sous des applaudissements nourris, avant d’entamer un monologue de trois quarts d’heure.

À travers un discours bien ficelé, il a fait de la drague aux locaux en clamant haut et fort son admiration pour la région. « Les paysages du Nord sont toute la quintessence de l’histoire de France. C’est vous qui avez forgé l’industrie française, c’est vous qui avez fait la prospérité industrielle de la France pendant les XIXe et XXe siècles. » Il n’en fallait pas plus pour transcender un public déjà conquis.

Puis Éric Zemmour a distillé les critiques. Contre la mondialisation, contre la gauche, contre l’immigration et, surtout, contre la droite. Conscient de sa montée en flèche dans les derniers sondages d’opinion et des soutiens qu’il peut encore engranger chez les électeurs déçus des Républicains, le polémiste s’est attaqué à cette famille politique qu’il a longtemps côtoyée.

« Aux Républicains, ce sont des chochottes depuis 40 ans », a-t-il lancé, avant d’ironiser sur leur incapacité à choisir un candidat en vue de l’élection présidentielle : « Moi, je joue au tennis. Eux, ils jouent au Congrès. »

1 500 personnes conquises

Éric Zemmour s’est ensuite prêté au jeu des questions/réponses avec le public. Interrogé sur l’industrie, le pouvoir d’achat, la défense, l’Union européenne ou encore l’éducation, l’écrivain a été forcé de sortir de sa zone de confort, attendu par ses fervents soutiens sur des sujets autres que l’immigration et l’identité nationale. Sans convaincre particulièrement. Mais qu’importe : pour la majorité des personnes présentes, Éric Zemmour est l’homme providentiel.

Sabine, une Valenciennoise quinquagénaire, voit même en lui « un sauveur ». Comme de nombreuses autres personnes présentes ce samedi au Grand Palais, sa volonté était avant tout de le remercier, et ce même s’il ne tire que des constats jusqu’ici, sans agir.

Hugo, 24 ans, résidant à Marcq-en-Barœul, est lui aussi venu écouter religieusement l’ancien journaliste au Figaro. « Je me retrouve dans le discours d’Éric Zemmour et je me retrouve même en lui car, comme lui, j’ai des origines algériennes », fait-il remarquer. Lui qui avait voté pour Emmanuel Macron par dépit au second tour de la présidentielle de 2017 dit se sentir enfin concerné par le discours d’une personnalité politique.

« C’est vraiment la première fois que quelqu’un me parle comme il le fait. » Lui aussi attend patiemment qu’Éric Zemmour annonce sa candidature à l’élection présidentielle. Sinon il votera pour Marine Le Pen, « la moins pire de tous les candidats ».

Une conférence aux allures de meeting

Après l’heure et demie de conférence et un point presse improvisé sur le bord de la scène, le polémiste a échangé avec les centaines de personnes venues faire dédicacer leur exemplaire de « La France n’a pas dit son dernier mot ». De leur côté, les « Jeunes avec Zemmour » ont tenté de convaincre les nombreux jeunes venus écouter l’écrivain de grossir leur rang pour porter la candidature d’Éric Zemmour à la présidence de la République.

Les plus fervents supporters du polémiste sont repartis du Grand Palais avec des objets dérivés tels que des mugs à l’effigie de leur idole ou des t-shirt flanqués du slogan « Faites Zemmour, pas la guerre ». En bref, ce samedi après-midi au Grand Palais se tenait le premier meeting électoral en terres lilloises en vue de la l’élection présidentielle de 2022. Il ne manquait juste qu’un candidat officiel. Mais ça ne saurait tarder, vraisemblablement.

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